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Musique de chambre | Salle Molière (Lyon 5e)

Berg / Webern

Musiciens de l’ONL

Tue. 9 Feb

Berg / Webern

Tue. 9 Feb

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Entre le romantisme brahmsien de Robert Kahn et les aphorismes atonaux de Berg et de Webern, il n’y a guère de point commun. Les trois compositeurs n’en ont pas moins été qualifiés de dégénérés par les nazis, victimes de condamnations honteuses et étrangères à toute considération esthétique. 

Programme

  • Robert Kahn

    Trio pour clarinette, violoncelle et piano, op. 45

    23 min
  • Anton Webern

    Quatre Pièces pour violon et piano, op. 7

    5 min
  • Alban Berg

    Quatre Pièces pour clarinette et piano, op. 5

    8 min
  • Anton Webern

    Trois Pièces pour violoncelle et piano, op. 11

    3 min
  • Alban Berg

    Adagio du Kammerkonzert, pour violon, clarinette et piano

    13 min

Distribution

La musique de Webern, écrivait le compositeur Henri Pousseur, «s’ouvre sur le monde, nous renvoie à la vie». Certains la croient excessivement compliquée. Craignant que les Quatre Pièces soit incomprises, Pierre Boulez considérait même qu’il était difficile d’en faire quelque chose en public. Il y a pourtant beaucoup de simplicité dans leur concision. Une fulgurance digne d’un haïku. Chaque note y est à sa place, et tout s’enchaîne naturellement. N’est-ce pas la vie elle-même que reflètent ces harmoniques aux résonances fragiles, ces sons détimbrés d’une corde jouée sur le chevalet, ces vibrations estompées par une sourdine ? Avec Berg, la musique paraît s’ancrer dans des sentiments plus sûrs. Conçu comme un requiem à l’intention de Mathilde, l’épouse du maître Arnold Schönberg, l’Adagio du Kammerkonzert se voit gratifié d’un éloquent sous-titre : «Amour». Transcrit pour trio, il associe un motif symbolique de Debussy à une sorte d’anagramme tirée du prénom de la disparue, tandis que le violon interpelle le ciel.

© Nicolas Auproux