Ouverture des réservations 2026/2027
Jeudi 21 mai à 11h : abonnements du Chef, Libre et Jeune Public.
Mardi 23 juin à 11h : billets à l’unité, Pass mélomane et moins de 28 ans.
Mercredi 1er juillet à 11h : ateliers sonores.
Entre le romantisme brahmsien de Robert Kahn et les aphorismes atonaux de Berg et de Webern, il n’y a guère de point commun. Les trois compositeurs n’en ont pas moins été qualifiés de dégénérés par les nazis, victimes de condamnations honteuses et étrangères à toute considération esthétique.
Programme
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Robert Kahn
Trio pour clarinette, violoncelle et piano, op. 45
23 min -
Anton Webern
Quatre Pièces pour violon et piano, op. 7
5 min -
Alban Berg
Quatre Pièces pour clarinette et piano, op. 5
8 min -
Anton Webern
Trois Pièces pour violoncelle et piano, op. 11
3 min -
Alban Berg
Adagio du Kammerkonzert, pour violon, clarinette et piano
13 min
Distribution
La musique de Webern, écrivait le compositeur Henri Pousseur, «s’ouvre sur le monde, nous renvoie à la vie». Certains la croient excessivement compliquée. Craignant que les Quatre Pièces soit incomprises, Pierre Boulez considérait même qu’il était difficile d’en faire quelque chose en public. Il y a pourtant beaucoup de simplicité dans leur concision. Une fulgurance digne d’un haïku. Chaque note y est à sa place, et tout s’enchaîne naturellement. N’est-ce pas la vie elle-même que reflètent ces harmoniques aux résonances fragiles, ces sons détimbrés d’une corde jouée sur le chevalet, ces vibrations estompées par une sourdine ? Avec Berg, la musique paraît s’ancrer dans des sentiments plus sûrs. Conçu comme un requiem à l’intention de Mathilde, l’épouse du maître Arnold Schönberg, l’Adagio du Kammerkonzert se voit gratifié d’un éloquent sous-titre : «Amour». Transcrit pour trio, il associe un motif symbolique de Debussy à une sorte d’anagramme tirée du prénom de la disparue, tandis que le violon interpelle le ciel.
© Nicolas Auproux