◁ Retour au concert du mar. 3 nov. 2026
Programme détaillé
Sonate pour violon et piano n° 4, en la mineur, op. 23
I. Presto
II. Andante scherzando più allegretto
III. Allegro molto
[20 min]
Quatuor avec piano n° 3, en do mineur, op. 60
I. Allegro non troppo
II. Scherzo : Allegro
III. Andante
IV. Allegro comodo
[33 min]
Distribution
Musiciennes et musiciens de l’ONL :
Jennifer Gilbert violon
Seungeun Lee alto
Édouard Sapey-Triomphe violoncelle
Pierre Thibout piano
Introduction
Le 29 septembre dernier, les musiciens de l’Orchestre national de Lyon faisaient voisiner Beethoven avec son père spirituel, Joseph Haydn. Ils mettent ici le musicien allemand en regard avec son principal héritier : Johannes Brahms. De Beethoven, Brahms a hérité de nombreux traits, en particulier un goût pour les architectures puissantes, les textures denses portées par une implacable énergie rythmique, le travail virtuose des thèmes et motifs. Dans les deux pièces ici juxtaposées, la connivence se prolonge aussi dans le caractère tourmenté qu’elles arborent l’une et l’autre : des tonalités mineures (la et do respectivement), des cordes et un piano qui additionnent ici leur fougue et se livrent ailleurs à un dialogue intense, dialogue qui chez Brahms peut frôler le combat. Dans le premier mouvement de sa sonate (1801), le jeune Beethoven enrobe cela d’une grâce toute classique. Dans le mouvement central scherzando [en plaisantant], il entoure l’écriture en contretemps d’un sourire espiègle, avant un finale emporté. Trois quarts de siècle plus tard, Brahms réalise les promesses de ce romantisme encore larvé, lui donnant sa pleine expression dans l’une de ses partitions les plus brûlantes de passion. Le Troisième Quatuor avec piano de Brahms eut une genèse tourmentée. Certains passages virent le jour dès 1855-1856, dans la tonalité d’ut dièse mineur. Remis sur le métier en 1869, il ne trouva son visage définitif qu’en 1874-1875. Certains exégètes ont vu dans le premier mouvement un hommage secret à Clara Schumann, mais, en référence au caractère sombre et passionné de l’œuvre, Brahms évoqua dans plusieurs de ses lettres «l’atmosphère à la Werther» de son quatuor, en référence au roman épistolaire de Goethe.
Texte : Auditorium-Orchestre national de Lyon
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