Notes de programme

BRAHMS / AUERBACH

Lun. 26 fév. 2024

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Programme détaillé

Lera Auerbach (née en 1973)
Cetera Desunt, sonnet pour quatuor à cordes (Quatuor à cordes n° 3)

Composition : 2006.

I. Dicis et non es [Tu parles et tu n’es point] : Allegro pesante
II. Sic ego non sine te… nec tecum vivere possum [Ainsi je ne peux ni vivre sans toi… ni vivre avec toi] : Adagio tragico
III. Dicis et non facis [Tu dis et ne fais point] : Allegro scuro
IV. Nec tecum vivere possum… sic ego non sine te [Je ne peux vivre avec toi… ni vivre sans toi] : Andante recitativo
V. Adventatis asinus, pulcher et fortissimus [L’âne arrive, beau et très vigoureux] : Allegro agressivo scuro
VI. Si vis pacem, para bellum [Si tu veux la paix, prépare la guerre] : Adagio molto intensivo e libero
VII. Non omnia moriar [Je ne mourrai pas tout entier] : Adagio sognando
VIII. Cetera desunt [La suite manque] : Adagio religioso

[18 min]

Johannes Brahms (1833-1897)
Quintette pour clarinette et cordes en si mineur, op. 115

Composition : 1891.

I. Allegro
II. Adagio
III. Andantino
IV. Con moto

[40 min]

Concert sans entracte.
Dans le cadre d’Unanimes ! Avec les compositrices, une initiative de l’Association française des orchestres.

Distribution

Musiciens et musiciennes de l’Orchestre national de Lyon :

Aurianne Philippe violon
Diego Matthey violon
Mélissa Dattas alto
Jeanne Soler violoncelle
Thierry Mussotte clarinette

Introduction

Cetera desunt, en latin, signifie : la suite manque. Cette locution se place au bas d’une œuvre dont le manuscrit a été laissé inachevé. Quels manques, quelle infinitude Lera Auerbach place-t-elle dans ce quatuor qui suit, en huit brefs mouvements, la forme d’un sonnet ? Difficile de le dire, car la pianiste et compositrice russe a décidé, il y a quelques années, de ne plus s’exprimer à propos de ses œuvres : elle estime qu’il faut les laisser vivre leur propre vie. On décèlera toutefois, dans cette partition sur laquelle plane l’ombre musicale de Chostakovitch, un univers assez angoissé mais très imagé – la musicienne russe est également poétesse, peintre et sculptrice, exposant notamment de magnifiques objets en bronze, et place en tête de chaque mouvement des citations d’Ovide, Nietzsche (Par-delà le bien et le mal) ou Thomas Mann (Docteur Faust). Il fallait, face à une personnalité aussi riche et intense, un monument de la musique de chambre, et le Quintette avec clarinette de Brahms l’est sans nul doute. Qui peut résister à ses couleurs moirées, à son lyrisme brûlant mais toujours contenu, et au sublime chant d’amour de son mouvement central ? Brahms composa cette partition crépusculaire dans ses dernières années, à l’intention d’amis chers : le clarinettiste de la cour de Meiningen, Richard Mühlfeld, et le violoniste Joseph Joachim, inspirateur de tant de chefs-d’œuvre, qui le créa avec son propre quatuor.