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Notes de programme

La Chair et le Diable

Me. 14 oct. 2020

Générique détaillé

Clarence Brown

La Chair et le Diable
[Flesh and the Devil]

États-Unis, 1926, noir & blanc, muet, format 1.33
[1h52]

Scénario : Benjamin Glazer, d’après le roman L’Indestructible Passé de Hermann Sudermann

Distribution : John Gilbert (Leo von Harden), Greta Garbo (Felicitas), Lars Hanson (Ulrich von Eltz), Barbara Kent (Hertha), William Orlamond (l’Oncle Kutowski), George Fawcett (le Pasteur Voss), Eugenie Besserer (la Mère de Leo), Marc MacDermott (le Comte von Rhaden), Marcelle Corday (Minna)

Musique de Carl Davis

Orchestre national de Lyon
Timothy Brock
direction

En partenariat avec Warner Bros.
Avec le soutien de la Sacem.

Le film

«Greta Garbo avait quelque chose que personne n’avait jamais eue à l’écran. Personne. Je ne sais pas si elle était consciente qu’elle l’avait, mais elle l’avait. […]. Pour moi, Garbo commence là où tous les autres s’arrêtent.»

Clarence Brown, cité par Kevin Brownlow
La parade est passée, Actes Sud / Institut Lumière


Élèves-officiers, Leo von Harden (John Gilbert) et Ulrich von Eltz (Lars Hanson) sont amis depuis l’enfance. Lorsqu’il rencontre Felicitas (Greta Garbo), Leo succombe immédiatement à sa beauté renversante. Naît alors une folle passion entre les deux amants, qui un soir sont surpris par le mari de Felicitas. Le duel est inévitable, le mari meurt et Leo est envoyé pour cinq ans en Afrique. Ulrich doit veiller sur la veuve pendant l’absence de son ami…

La Chair et le Diable est un tournant. C’est le premier film de Clarence Brown pour la MGM, au sein de laquelle le réalisateur restera plus de vingt ans, mais aussi le premier des sept films qu’il tournera avec Greta Garbo, récemment arrivée d’Europe. Et sans doute, le film qui la confirma en tant que star.

Clarence Brown offre ici à celle que l’on nommera bientôt «La Divine» un superbe écrin. L’image et la lumière (la scène de la cigarette éclairée à l’ampoule cachée) participent d’une parfaite beauté plastique, le montage subtil exalte le tempo des mouvements, les gros plans et les détails disent l’action à la place des cartons (le liseré noir sur le mouchoir annonçant le deuil…).

Dans ce tragique triangle amoureux, Greta Garbo joue à égalité avec les hommes, inversant parfois les rôles et dominant le jeu de séduction. Clarence Brown ignore la censure, tournant des scènes à l’érotisme chargé de symboles, d’une audace troublante pour l’époque : dans une église, Garbo tourne le calice tendu par le prêtre pour y boire du côté touché par les lèvres de Gilbert ; la scène où, lovés l’un contre l’autre, les deux amants, sur le point de s’embrasser, partagent une cigarette…

«Je crois que le moment où le jeune élève-officier John Gilbert voit pour la première fois Greta Garbo et a la chance ou la volonté de toucher sa tendresse, que la façon dont il la retrouve ensuite, magnifiquement isolée, éclatante au milieu d’une rangée de jeunes femmes dans une soirée, que leur valse puis la scène de la cigarette où se hasarde leur mutuelle gourmandise, je déclare que de telles scènes suffisent à établir notre reconnaissance envers Brown.» (Jean George Auriol/Amable Jameson, La Revue du cinéma n° 6, 1er janvier 1930)