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Notes de programme

Strohl / Chausson

Mar. 26 mai 2026

Programme détaillé

Rita Strohl (1865-1941)
Quatuor à cordes en sol mineur

I. Allegro ma non troppo
II. Thème et variations : Moderato
III. Scherzo : Vivace
IV. Andante
V. Final : Allegro ma non troppo

[23 min]

Ernest Chausson (1855-1899)
Quatuor à cordes en ut mineur, op. 35 (inachevé)

Achevé par Vincent d’Indy

I. Grave – Modéré
II. Très calme
III. Gaiment et pas trop vite

Concert sans entracte

Dans le cadre d’Unanimes ! Avec les compositrices. Attentif depuis plusieurs années à la place des femmes dans sa programmation, l’Auditorium-Orchestre national de Lyon participe à cette initiative de l’Association française des orchestres (AFO) dédiée à la promotion des compositrices et de leur répertoire.

Les partitions du Quatuor à cordes de Rita Strohl ont été éditées et mises à disposition par le Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française.

Distribution

Musiciennes de l’ONL : 
Camille Vasseur 
violon
Éva Ballaz violon
Claire Hélène Rignol alto
Priscilla Maschio violoncelle

Introduction

Née à Lorient dans une famille éprise d’art (sa mère, Élodie La Villette, et sa tante, Caroline Espinet, connurent de beaux succès comme artistes peintres), Rita Strohl connut de son vivant la reconnaissance de pairs tels Saint-Saëns, Duparc ou Fauré avant de sombrer dans l’oubli. À côté de projets d’opéras pharaoniques, où s’exprime une nature portée au mysticisme, elle laisse une abondante musique de chambre où se niche ce quatuor de jeunesse : il naquit en 1885, alors que Strohl, âgée de 20 ans, venait de finir ses études au Conservatoire de Paris. D’une ampleur inédite, avec ses cinq mouvements au lieu des  quatre habituels, il revisite l’héritage de Brahms en apportant une touche de lumière et de grâce toute personnelle et bien française. Le premier mouvement n’est en fait qu’une introduction lente au thème et variations qui forme le véritable mouvement initial. Mais le thème qu’il présente est fondamental, puisqu’il sert à la cohésion de l’ensemble du quatuor et revient dans le finale sous la forme d’un sujet de fugue. Quatorze ans après la composition de cette partition, Chausson mourait dans un accident de bicyclette à 44 ans, laissant inachevé son unique quatuor à cordes. L’introduction lente, avec son chromatisme tendu, conduit à un allegro tempétueux et dramatique. Suit une idylle pleine de lyrisme, où certains ont reconnu le thème du Tarnhelm dans L’Or du Rhin de Wagner. Le troisième mouvement est plus enjoué, fondé sur deux thèmes principaux : l’un en rythmes pointés, l’autre issu d’une idée présentée dans le premier mouvement. D’Indy y apporte une fin très conclusive, appropriée puisque, en l’état de notre connaissance, la partition s’arrête à cet endroit. Mais certainement Chausson avait-il conçu le troisième mouvement comme une sorte de scherzo et prévu de couronner l’œuvre par un finale qui, de toute évidence, restera inconnu pour l’éternité.

Texte : Auditorium-Orchestre national de Lyon

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