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1977 : Auditorium de Lyon

De Paris à Lyon

Dès sa construction, l’Auditorium de Lyon possède au fond de son plateau une niche pour accueillir un orgue de concert. Un devis est demandé à Georges Danion, petit-fils par alliance et successeur de Victor Gonzalez, qui rend un projet d’orgue neuf de 120 jeux et d’esthétique néo-classique. Il signale toutefois à la Ville de Lyon l’existence de l’orgue du palais de Chaillot, qu’il s’apprête à démonter définitivement et qui pour l’instant n’a pas de repreneur.

Les efforts conjugués de l’adjoint aux Beaux-Arts de la ville de Lyon, Robert Proton de la Chapelle, de Georges Danion et de Pierre Cochereau, organiste titulaire de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, se révèlent payants. Louis Pradel, maire de Lyon, obtient que l’orgue soit attribué à titre gratuit à l’Auditorium. Les travaux de transfert et d’installation sont confiés à Georges Danion.

Une bonne part du matériau de Chaillot est réutilisé, toutefois on note un déplacement du faisceau sonore vers l’aigu, avec l’augmentation du nombre des mixtures (qui sont entièrement neuves) et avec la suppression des basses métalliques de la Pédale (Principal 32’, Violon basse 16’, Contrebasse 16’, cette dernière remplacée par un jeu neuf de 16'). La physionomie de l’orgue reste globalement la même, à cela près que la niche abritant l’orgue est plus étroite et plus profonde que le fond de scène de Chaillot, et que l’orgue, désormais, est immobile. En l’absence du Principal 32’, la flamme hardie qui s’élevait au milieu de la façade de Chaillot disparaît ; la tourelle centrale n’abrite plus que des 16’, soit des tuyaux moitié moins haut.

Par manque de hauteur, la soufflerie est placée au sous-sol et les premières notes des deux 32’ subsistants, jusque-là en longueurs réelles, sont remplacées par des tuyaux bouchés (première octave du Principal 32’) ou acoustiques (première quinte de la Contrebombarde 32’), moins hauts de moitié. La boîte expressive du Positif est supprimée. Il n’y a donc plus qu’un seul clavier expressif, le Récit.

Premières années

L’orgue est inauguré par Pierre Cochereau le 27 novembre 1977, lors d’un concert avec l’Orchestre de Lyon sous la direction de Serge Baudo, avec au programme le Concerto pour orgue de Francis Poulenc, la Dante-Symphonie de Franz Liszt et une longue improvisation à l’orgue.

Patrice Caire est titulaire jusqu’à sa disparition le 17 avril 1992. Grâce à lui, l’orgue connaît une nouvelle période de gloire, sa console accueillant les plus grands artistes. Thierry Mechler lui succède jusqu’en 1999. Après cette date, l’orgue, joué de plus en plus sporadiquement, n’a plus de titulaire.

Nouvel essor

À partir de 2006, année où Thierry Escaich est nommé compositeur et organiste en résidence de l’Orchestre national de Lyon, l’orgue revient au cœur de nombreux projets artistiques. Cette activité se traduit notamment par la création française le 23 avril 2009 de son poème symphonique pour orgue et orchestre La Barque solaire, avec l’auteur aux claviers, accompagné par l’Orchestre national de Lyon et son directeur musical d’alors, Jun Märkl.

Le renouveau de l’orgue s’incarne également dans un projet de restauration et par la tenue, le 25 avril 2009, de la finale du premier Concours international d’orgue de Lyon, organisé par l’association Orgue en jeu.

L’instrument montre cependant rapidement ses limites, sur le plan sonore autant que mécanique. La décision est prise d’une restauration, qui sera menée à bien en 2013.

Restauration

« Aller chercher l’esprit qui dormait dans la matière… » 

Telle est la mission que s’est fixée Michel Gaillard en acceptant de prendre en charge la restauration de l’orgue de l’Auditorium.

Fruit d’une triple histoire (la construction au palais du Trocadéro par Aristide Cavaillé-Coll, la transformation au palais de Chaillot par Victor Gonzalez, l’installation à l’Auditorium par Georges Danion), cet instrument historique pouvait sembler disparate. Il péchait surtout par des couleurs affadies pour certaines, aigries pour d’autres, répondant au goût qui prévalait à l’époque du transfert à Lyon. Il fallait rendre aux tuyaux de Cavaillé-Coll et de Gonzalez leurs caractéristiques physiques, et retrouver ainsi les couleurs qui avaient été nivelées dans la recherche d’un «orgue à tout faire».

L’orgue dispose à présent de registres aux caractères affirmés, qui permettent d’aborder des répertoires a priori antagonistes (orgue classique ou symphonique français, orgue baroque ou romantique allemand, musique contemporaine, improvisation) tout en présentant un ensemble parfaitement cohérent. L’orgue a considérablement gagné en définition, en précision, en éloquence… et en âme.

Le montant de la restauration s’élève à quelque 240 000 euros hors taxes, financés pour deux tiers environ par la Ville de Lyon, propriétaire de l’instrument, et pour le tiers restant sur les fonds propres de l’Auditorium-Orchestre national de Lyon.

Plus de cinq ans de démarches administratives et de discussions, et environ six mois de travaux auront été nécessaires pour mener à bien ce projet monumental. Mais le résultat est là : notre orgue, votre orgue résonne avec la splendeur des premiers jours, fier d’une histoire légendaire et plus que centenaire, et promis à un avenir non moins glorieux.

Les travaux

La restauration dure six mois et a lieu en 2013, assurée par Michel Gaillard (Manufacture d’orgues Aubertin) et son équipe :
– Débosselage et nettoyage des quelque 6500 tuyaux.
– Rallonge des flûtes harmoniques et des jeux d’anche, qui avaient tous été coupés en 1977.
– Nettoyage de l’ensemble de l’instrument, réfection et fiabilisation du vent, des circuits électriques et électroniques (notamment dans la console).
– Aménagement de planchers d’accord et d’accès pour l’entretien.
– Surélévation de trois sommiers.
– Ajout de nouveaux jeux (sans qu’aucun jeu ancien ne soit sacrifié), décalage de quelques jeux.
– Accordage général et réharmonisation, avec un travail de chirurgien sur les biseaux des jeux à bouche et les noyaux des jeux d’anche.

L’orgue restauré est inauguré le 13 novembre 2013 sous les doigts de Vincent Warnier, organiste en résidence pour les saisons 2013/2014 et 2014/2015. Depuis lors, l’instrument est au centre d’une vie artistique intense et variée : outre les récitals, il s’exprime au travers de concerts symphoniques, de musique de chambre, de ciné-concerts, de projets pour les familles et les écoles, de visites. Il a accueilli en juin 2019 le premier Concours international d’orgue Olivier-Messiaen.

– C. D.

Concours international d’orgue Olivier-Messiaen

Du 17 au 22 juin 2019

Président du concours : Claude Samuel

Président du jury : Olivier Latry

Créé en 1967 dans le cadre du Festival de Royan, le Concours Olivier-Messiaen (concours de piano contemporain) s’est tenu à Paris jusqu’en 2007. Bruno Messina, directeur de l’Agence iséroise de diffusion artistique (AIDA), a été chargé de le faire renaître dans la dynamique permise par le projet artistique de la Maison Messiaen, résidence d’artistes en Matheysine.

L’Auditorium-Orchestre national de Lyon s’est imposé comme le partenaire idéal de cette renaissance, qui a pris, pour l’édition 2019, la forme d’un concours international d’interprétation à l’orgue, sous la présidence de Claude Samuel, fondateur du Concours Olivier-Messiaen, ancien directeur de la Musique à Radio France et auteur de livres d’entretiens avec le compositeur.

Cette édition 2019 a donné une place importante à la création. Une œuvre nouvelle, In exitu Israel, a été commandée à Philippe Hersant et imposée aux candidats de l’épreuve finale.

Le Concours international Olivier-Messiaen a été organisé par l’Agence iséroise de diffusion artistique (AIDA) et l’Auditorium-Orchestre national de Lyon, avec le soutien de la Fondation Messiaen (sous l’égide de la Fondation de France), de la Fondation Marcelle et Robert de Lacour musique et danse, de la Sacem, de la Fondation philharmonique/Cercle des mécènes de l’Auditorium-Orchestre national de Lyon, de la Fondation Francis et Mica Salabert et de l’Association pour la création et la diffusion artistique (ACDA).

Jury

– Olivier Latry (France), président du jury
– Thierry Escaich (France)
– Philippe Hersant (France)
– Edgar Krapp (Allemange)
– Thomas Lacôte (France)
– Catherine Massip (France)
– Benoît Mernier (Belgique)
– Leo Samama (Pays-Bas)
– Liesbeth Schlumberger (Afrique du Sud/France)

Prix

– Grand prix Olivier-Messiaen : 6000 €, financé par la Fondation Olivier-Messiaen, sous l’égide de la Fondation de France.
– Second prix : 4000 €, financé par la Fondation Marcelle & Robert de Lacour musique et danse.
– Troisième prix : 3000 €, financé par la Sacem (soutien à la création et au répertoire contemporain).
– Quatrième prix : 2500 €, financé par la Fondation philharmonique/Cercle des mécènes de l’Auditorium-Orchestre national de Lyon.
– Prix pour la meilleure interprétation des œuvres d’Olivier Messiaen : 2000 €, financé par la Fondation Olivier-Messiaen, sous l’égide de la Fondation de France.
– Prix pour la meilleure interprétation de l’œuvre nouvelle : 3000 €, financé par la Fondation Francis et Mica Salabert.
– Prix du public : 1000 € financé par l’Association pour la création et la diffusion artistique (ACDA).

Palmarès

– Grand prix Olivier-Messiaen : non décerné.
– Second prix : Thomas Kientz (France).
– Troisième prix : Yanis Dubois (France).
– Quatrième prix : Fanny Cousseau (France).
– Prix pour la meilleure interprétation des œuvres d’Olivier Messiaen : Fanny Cousseau (France).
– Prix pour la meilleure interprétation de l’œuvre nouvelle : Yanis Dubois (France).
– Prix du public : Eszter Szedmák (Hongrie).