De la musique tchèque, on ne retient souvent qu’une poignée de noms : Bedřich Smetana, qui, en plein Printemps des peuples, forge une école nationale que prolongera Antonín Dvořák ; les géants du XXᵉ siècle que sont Janáček et Martinů ; et Gustav Mahler, né en Bohême et élevé en Moravie – un parfait Tchèque, donc, on l’oublie trop souvent. Pourtant, le génie musical de cette nation s’étend bien plus loin. L’Auditorium-Orchestre national vous invite à explorer cette richesse foisonnante, du baroque à nos jours.
Dès le XVIIIᵉ siècle, Prague rayonne (Mozart y crée La Clémence de Titus, Don Giovanni une symphonie et le Vingt-cinquième Concerto pour piano), et les compositeurs tchèques essaiment dans toute l’Europe. À Dresde, Jan Dismas Zelenka s’érige en rival de Bach. Josef Mysliveček, «il divino Boemo», éblouit Mozart. František Kramář (Franz Krommer) fait à Vienne le lien entre Mozart et Beethoven. Antonín Rejcha, devenu Antoine Reicha, est un pilier du tout nouveau Conservatoire de Paris et forme Hector Berlioz. Tous conservent de leur terre natale une signature unique : joyeuse, inventive, un peu «sauvage» dans le rythme et l’harmonie.
Dans l’entre-deux-guerres explose la créativité de Janáček. Comme la Pologne et la Hongrie voisines, la nouvelle République tchécoslovaque paie cher la guerre et la barbarie nazie. Bohuslav Martinů, qui s’était immergé dans l’effervescence cosmopolite de Paris, fuit comme Erich Wolfgang Korngold aux États-Unis. Pavel Haas, Hans Krása, Viktor Ullmann, Erwin Schulhoff périssent dans les camps, et leur musique est bannie des salles – elle ne réémerge que depuis peu.
Avec le desserrement du régime communiste, Prague redevient une capitale musicale de premier plan. Preuve en est l’excellence des solistes, chefs et ensembles invités cette saison. L’organiste Monica Melcova vient, comme le compositeur Johann Nepomuk Hummel ou la Suite de Vítězslav Novák, de Slovaquie. Mais comment ne pas intégrer cette nation dont le destin s’est entrelacé à celui des Tchèques pendant une grande partie du XXᵉ siècle ? Et la Petite Taupe pointe le bout de son museau pour représenter la mythique école d’animation tchèque.
Concerts
Mahler, Symphonie n° 5
Catriona Morison / Nikolaj Szeps-Znaider
Collegium 1704
Händel / Zelenka
Mozart / Smetana
Musiciens de l’ONL
Salle Molière (Lyon 5e)
Paris-Prague
Musiciens de l’ONL / Gabriele Agrimonti
Les Trois Brigands (Et autres contes)
Tomi Ungerer
Dès 6 ans
Dvořák, Quintette
Musiciens de l’ONL
Salle Molière (Lyon 5e)
Rachmaninov / Janáček
Lukáš Vondráček / Nikolaj Szeps-Znaider
Janáček, Lettres intimes
Quatuor Bennewitz
Salle Molière (Lyon 5e)
Wagner / Mahler
Wiebke Lehmkuhl / Konstantin Krimmel / Nikolaj Szeps-Znaider
Martinů
Musiciens de l’ONL
Salle Molière (Lyon 5e)
Alma Bettencourt
Concert de Noël
Nouvel An à Prague
Du Romantisme aux Années folles
La Petite Taupe
En ciné-concert
Dès 3 ans
Hummel / Martinů
Musiciens de l’ONL
Salle Molière (Lyon 5e)
Janáček / Dvořák
Jian Wang / Nikolaj Szeps-Znaider
Suk / Schubert
Nikolaj Szeps-Znaider / Musiciens de l’ONL
Reicha / Janáček
Musiciens de l’ONL
Salle Molière (Lyon 5e)
Korngold / Dvořák
Tomáš Netopil / Josef Špaček
Concert découverte #5
Tomáš Netopil / Josef Špaček
Dvořák / Martinů
Musiciens de l’ONL
Salle Molière (Lyon 5e)
Martinů / Kramář
Musiciens de l’ONL
Salle Molière (Lyon 5e)
Janáček, Sonate à Kreutzer
Quatuor Pavel Haas
Salle Molière (Lyon 5e)
Mahler, Résurrection
Nikolaj Szeps-Znaider
Martinů / Ravel
Musiciens de l’ONL
Salle Molière (Lyon 5e)
Mahler, Symphonie n° 9
Nikolaj Szeps-Znaider
Conférence
La musique Tchèque