Inclassable, provocateur, excentrique… le voici désormais symphonique ! Avec l’Orchestre national de Lyon, Philippe Katerine est Aux anges.
Distribution
En endossant tour à tour les costumes de compositeur, chanteur, danseur, plasticien, comédien ou d’écrivain, Philippe Katerine construit son œuvre en se jouant des styles comme des formes. Après des débuts confidentiels en dandy féru de bossa nova élégante, c’est avec le succès de l’album Robots après tout que sa carrière explose : l’hexagone succombe aux facéties de l’auteur de Luxor j’adore. En 2005, partout où l’on danse, des fêtes populaires aux festivals branchés, c’est Katerine le marionnettiste qui coupe et remet le son… et fait jubiler le public. Dès lors, il ose tout et enchaîne des albums où se côtoient fausse naïveté, ludisme sincère, fantaisie exubérante et une poésie singulière qui ne ressemble qu’à lui. Dans le dépouillement intime du piano/voix (l’émouvant Le Film) comme dans les productions ambitieuses (ses Confessions, avec myriade d’invités), il amuse, interpelle, exaspère : bref, ne laisse jamais indifférent. La scène est son ultime terrain de jeu et de liberté, à l’instar de sa performance en ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024 qui le voyait interpréter – littéralement – son iconoclaste single Nu, élargissant à la planète entière ses cercles d’admirateurs, comme de détracteurs. Pour son concert symphonique, il revisite ses plus grands titres en mettant à l’honneur la poésie et la féerie des pupitres de l’orchestre grâce à des arrangements qui épousent la malice de sa plume et nous propulsent… Aux anges.
© Ronan Thenadey