Compositeur majeur de l’école russe, et plus généralement de tout le XXe siècle, Chostakovitch incarne à lui seul l’histoire de la Russie soviétique, tant il fut la proie des vicissitudes politiques, soumis aux censures et aux dénonciations du régime. Sa musique fait souffler un vent de liberté sur l’Auditorium de Lyon, avec en invité un jeune violoniste danois exceptionnel, Michael Germer, qui a été l’élève de Nikolaj Szeps-Znaider.
Programme
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Dmitri Chostakovitch
Concerto pour violon n° 1, en la mineur, op. 77
39 min -
Dmitri Chostakovitch
Symphonie n° 4, en do mineur, op. 43
60 min
Distribution
Chostakovitch était en pleine composition du Premier Concerto pour violon (1947-1948) lorsque le sinistre Jdanov, arbitre de la vie culturelle dans la Russie soviétique, partit pour son ultime et plus virulente croisade contre la décadence bourgeoise et pour le réalisme socialisme dans les arts. Chostakovitch fut, avec Prokofiev, sa cible principale. Il en résulte que le concerto, œuvre particulièrement intense et personnelle, ne put être présentée au public qu’en 1955, après la mort de Staline. Son créateur, l’immense violoniste russe David Oïstrakh, voyait dans le violon un personnage shakespearien, exprimant tour à tour la solitude de l’artiste sous le régime soviétique, la résistance teintée d’ironie, les émotions les plus intimes, l’élan irrésistible de vie. Quant à la Quatrième Symphonie (1936), c’est Chostakovitch lui-même qui en repoussa l’exécution pendant un quart de siècle, échaudé par les violentes critiques d’intellectualisme qui avaient accueilli son opéra Lady Macbeth de Mtsensk. Marches funèbres, fanfares truculentes et mélodies émouvantes s’appuient pourtant sur des combinaisons de timbres inouïes, dans cet orchestre à la puissance mahlérienne : cordes et harpes sur fond de castagnettes, blocs de bois et tambour militaire, ou textures cristallines avec un célesta irréel.
Michael Germer © Nikolaj Lund