◁ Retour au concert du mar. 3 mars 2026
Programme détaillé
Kleine Kammermusik, pour quintette à vent, op. 24/2
[Petite Musique de chambre]
I. Lustig. Mäßig schnelle Viertel [Joyeux. À la noire, dans un tempo modérément vif]
II. Walzer. Durchweg sehr leise [Valse. Très doux de bout en bout]
III. Ruhig und einfach [Calme et simple]
IV. Schnelle Viertel [À la noire, rapide]
V. Sehr lebhaft [Très vif]
[15 min]
Dix Pièces pour quintette à vent
I. Molto sostenuto e calmo
II. Prestissimo minaccioso e burlesco
III. Lento
IV. Prestissimo leggiero e virtuoso
V. Presto staccatissimo e leggiero
VI. Presto staccatissimo e leggiero
VII. Vivo, energico
VIII. Allegro con delicatezza
IX. Sostenuto, stridente
X. Presto bizzarro e rubato
[14 min]
Divertissement pour trio d’anches
I. Ouvertüre : Allegro con moto
II. Burlesca : Allegro molto
III. Romanzero : Andantino
IV. Charleston : Allegro
V. Tema con variazioni e fugato : Andante
VI. Florida : Allegretto
VII. Rondino-Finale : Molto allegro con fuoco
[15 min]
Alevi Dedeler rakı masasında, pour quintette à vent
[Les Pères alévis à la table de raki]
I. Andantino tranquillo – Presto fantastico
II. Andante tranquillo – Moderato
III. Andantino
IV. Presto – Andantino
[17 min]
Concert sans entracte.
Distribution
Musicienne et musiciens de l’Orchestre national de Lyon :
Jocelyn Aubrun flûte
Clarisse Moreau hautbois
Thierry Mussotte clarinette
Louis-Hervé Maton basson
Stéphane Grosset cor
Introduction
En 1938, embourbé dans ses relations avec le nazisme et marié avec une femme juive, l’Allemand Paul Hindemith ne peut se réfugier plus longtemps dans le compromis. Il gagne donc la Suisse et, deux ans plus tard, s’établit aux États-Unis où il prendra la nationalité américaine en 1946. Juif, homosexuel et communiste, le Tchèque Erwin Schulhoff aurait lui aussi aimé fuir mais, disposant d’un visa d’émigration pour l’Union soviétique, il a vu ses espoirs brisés par la rupture du Pacte germano-soviétique. Arrêté à Prague, il disparaît dans un camp de prisonniers. Quant au Hongrois György Ligeti, c’est l’échec de la révolte anticommuniste qui le pousse à faire ses valises et à se réfugier à Vienne ; au moins pourra-t-il en profiter pour expérimenter la modernité de l’Ouest. Aujourd’hui encore, la censure artistique pèse sur les artistes. Le pianiste et compositeur turc Fazıl Say n’a pas oublié la réaction des autorités turques quand il a voulu évoquer le massacre d’intellectuels alévis par des islamistes radicaux. Plusieurs fois accusé, condamné ou acquitté, pourra-t-il un jour goûter à la paix et à la sécurité ?
Les œuvres rassemblées ici montrent toutefois des visages souriants. La Kleine Kammermusik [Petite Musique de chambre] de Paul Hindemith, composée en 1922, se distingue par son ironie grinçante. Les Dix Pièces pour quintette à vent (1968) appartiennent à une période de transition où Ligeti met en place son style caractéristique, fait d’un entrelacs très fluide de tout petits éléments soit dans un mode très statique, soit au contraire dans une écriture très vive et insaisissable. À la fin de la partition, Ligeti a ajouté une citation tirée de De l’autre côté du miroir de Lewis Carroll : « “Est-ce tout”, demanda Alice timidement. — “C’est tout”, répondit Humpty Dumpty. » Créé à Paris en 1928, le Divertissement du Tchèque Erwin Schulhoff est un pur produit des Années folles, bien loin de la fin tragique de son auteur. Dans Alevi Dedeler rakı masasında [Les Pères alévis à la table de raki], pièce de 2011, Fazıl Say décrit enfin avec humour une scène dans un village d’Anatolie : des pères alévis (un courant de l’islam implanté particulièrement dans cette région) buvant le raki autour d’une table bien garnie.
Texte : Auditorium-Orchestre national de Lyon
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