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Notes de programme

La Grève

Festival Lumière

◁ Retour au concert du dim. 17 oct. 2021

Générique détaillé

La Grève
[Stachka]

URSS, 1925, 1h34, noir et blanc, format 1.33

Scan et restauration 2k réalisés par GP Archives pour Gaumont

Réalisation : Sergueï M. Eisenstein 
Scénario : Grigori Aleksandrov, Sergueï M. Eisenstein, Ilya Kravtchounovski, Valeri Pletnev
Photo : Eduard Tissé
Direction artistique : Vassili Rakhals
Montage : Sergueï M. Eisenstein    
Production : Boris Mikhine, Proletkult, Goskino

Interprètes :

Maxime Strauch (l’Indicateur)
Grigori Alexandrov (le Contremaître)
Mikhaïl Gomorov (l’Ouvrier qui se pend)
Ivan Klioukvine (le Militant)
Aleksandr Antonov (le Militant ouvrier)

Sortie en URSS : 28 avril 1925
Sortie en France : 18 janvier 1967 (jusque-là inédit en France en dehors de la Cinémathèque française)

Samuel Liégeon accompagnement improvisé à l’orgue

En coproduction avec l'Institut Lumière, dans le cadre du festival Lumière 2021.

Le film

1912, dans une usine métallurgique russe. Les conditions de travail sont insupportables et les salaires misérables. La révolte gronde chez les ouvriers. Accusé à tort d’avoir volé un micromètre, un ouvrier se pend. La grève est déclenchée, le travail s’arrête.

Premier film de Sergueï M. Eisenstein, 26 ans, jusqu’alors décorateur et metteur en scène de théâtre, La Grève faisait initialement partie d’un ensemble de films intitulé Vers la dictature du prolétariat. Ce vaste projet développé avec Valeri Pletniov, militant révolutionnaire devenu metteur en scène, au sein du premier théâtre ouvrier du Proletkoult, devait mettre en images les luttes ouvrières entre 1911 et 1914 qui aboutirent à la révolution de 1917. Le Cuirassé Potemkine et Octobre en seront également issus.

Eisenstein disait faire du «cinéma-poing» (s’opposant temporairement au «cinéma-œil» de Vertov), comme le coup de poing au visage du spectateur. Audacieux, libre, son cinéma se détache des traditions du cinéma tsariste. La Grève est puissant, rageur, son montage est vif, les audaces visuelles sont de chaque image. Ce manifeste bolchévique qui fait naître chez le spectateur l’espoir du Grand Soir impressionne par sa beauté plastique. Premier coup de génie pour le cinéaste, qui impose immédiatement son esthétique.

De la naissance à la liquidation d’un mouvement ouvrier, Eisenstein reproduit une société en miniature : ouvrier, contremaître, patron, indics issus du lumpenprolétariat, des exploités aux fielleux manipulateurs. La révolte ouvrière est vue comme un objet artistique, sans pour autant privilégier la forme sur le fond. Le «montage des attractions» détermine un impact fort, comme la saisissante séquence de la fusillade des grévistes, alternée avec l’égorgement des bœufs en abattoir, laissant le sang couler à flots.

La Grève n’a pas d’autre héros que la collectivité, et le peuple n’a pas d’autre choix que l’organisation. «Si l’individu ne tire jamais sa force et son efficace que du groupe, on comprend que ce soient les masses, les classes, qui, en définitive, font l’Histoire. On comprend aussi que pour faire apparaître ce principe du matérialisme historique, Eisenstein ait tourné La Grève, telle qu’il l’a tournée. Son film – mais le Potemkine aussi – donne à voir, selon la formule de Béla Balázs, non pas comment l’individu se perd, se dissout dans la masse, mais comment la masse, la classe, le discours collectif, s’imposant à lui, l’animent, le dessinent dans son individualité.» (Barthélemy Amengual, ¡Que viva Eisenstein!, L’Âge d’Homme)
 

L’orgue de l’Auditorium

L’ORGUE EN BREF

Les facteurs d’orgue :
Aristide Cavaillé-Coll (1878)
Victor Gonzalez (1939)
Georges Danion/S. A. Gonzalez (1977)
Michel Gaillard/Manufacture Aubertin (2013)

Construit pour l’Exposition universelle de 1878 et la salle du Trocadéro, à Paris, cet instrument monumental (82 jeux et 6500 tuyaux) fut la «vitrine» du plus fameux facteur de son temps, Aristide Cavaillé-Coll. Les plus grands musiciens se sont bousculés à la console de cet orgue prestigieux, qui a révélé au public les Requiem de Maurice Duruflé et Gabriel Fauré, le Concerto pour orgue de Francis Poulenc et des pages maîtresses de César Franck, Charles-Marie Widor, Marcel Dupré, Olivier Messiaen, Jehan Alain, Kaija Saariaho, Édith Canat de Chizy, Thierry Escaich ou Philippe Hersant. Remonté en 1939 dans le nouveau palais de Chaillot par Victor Gonzalez, puis transféré en 1977 à l’Auditorium de Lyon par son successeur Georges Danion, cet orgue a bénéficié en 2013 d’une restauration par Michel Gaillard (manufacture Aubertin) qui lui a rendu sa splendeur. La variété de ses jeux lui permet aujourd’hui d’aborder tous les répertoires, de Bach ou Couperin aux grandes pages romantiques et contemporaines. C’est, hors Paris (Maison de la Radio et Philharmonie), le seul grand orgue de salle de concert en France. En juin 2019, il a accueilli la première édition à l’orgue du Concours international Olivier-Messiaen.

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