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Notes de programme

Metropolis

Jeu. 15 oct. 2026

◁ Retour au ciné-concert du jeu. 15 oct. 2026

Générique du film

Fritz Lang (1890-1976)
Metropolis

Allemagne, 1927, noir et blanc, format 1.37 [2h29] 

Réalisation : Fritz Lang
Scénario : Thea von Harbou, Fritz Lang, d’après une histoire de Thea von Harbou 
Photo : 
Karl Freund, Günther Rittau
Montage : Fritz Lang
Décors : Otto Hunte, Erich Kettelhut, Karl Vollbrecht
Costumes : Aenne Willkomm
Coopération technique : Walter Schulze-Mittendorff (formes plastiques et machine à forme humaine), Eugen Schüfftan (effets combinés), Günther Rittau (trucages photos), Erich Kettelhut (trucages peinture)
Production : Erich Pommer, UFA
Sortie en Allemagne : 10 janvier 1927 (avant-première) 
Sortie en France : octobre 1927

Interprètes

Alfred Abel : Joh Fredersen
Gustav Fröhlich : Freder Fredersen, son fils
Brigitte Helm : Maria / la Machine
Rudolf Klein-Rogge : Rotwang, l’inventeur
Fritz Rasp : l’Homme mince
Theodor Loos : Josaphat
Erwin Biswanger : Georgy, n° 11811
Heinrich George : Groth, le gardien de la machine centrale

Musique

Don Davis

Création mondiale en concert.

Distribution

Orchestre national de Lyon
Don Davis 
direction

Concert avec entracte (20 minutes). Partie 1 : 95 minutes – partie 2 : 54 minutes.

La «Symphonie du centenaire»
Nouvelle partition inédite composée et dirigée par Don Davis. 
Une production de l’Europäische FilmPhilharmonie et Don Davis.
Remerciements à la Friedrich Wilhelm Murnau Foundation.

En coproduction avec l’Institut Lumière, dans le cadre du festival Lumière.

Introduction

Fresque gigantesque aux décors vertigineux, méditation sur l’avenir de notre monde et ses possibles dérives, Metropolis déploie son drame social puissant dans une cité du futur où les voitures volent à la hauteur d’immeubles et où un savant fou invente le clonage. Ce chef-d’œuvre de l’expressionnisme allemand a longtemps été connu dans une version mutilée. Sa version longue a pu être restaurée après la redécouverte, en 2008, de près de vingt-cinq minutes inconnues au Musée du cinéma de Buenos Aires. Alors que nous sommes en cette année 2026 où Fritz Lang a situé son film, l’Europäische FilmPhilharmonie (qui a son siège à Berlin) a passé commande d’une nouvelle partition à Don Davis, l’auteur de la bande originale des trois films des Wachowski Matrix. Le compositeur la dirigera ici dans sa première exécution mondiale au concert, à la tête de l’Orchestre national de Lyon.

Texte : Auditorium-Orchestre national de Lyon

Le film

2026. À Metropolis, les ouvriers sont maintenus en esclavage dans la ville souterraine, tandis que l’élite vit dans une oisiveté paradisiaque. Freder (Gustav Fröhlich), fils du maître de la ville (Alfred Abel), tombe amoureux de Maria (Brigitte Helm), habitante des bas-fonds. Pour briser la révolte qui gronde, un savant crée un robot à l’image de la jeune fille…

Metropolis, fresque gigantesque et visionnaire, représente l’aboutissement du mouvement expressionniste allemand, mais aussi un des sommets du cinéma muet. Construisant sa propre biographie, Fritz Lang disait que c’est lors d’un voyage aux États-Unis en compagnie d’Erich Pommer que naquit le projet du film. On sait depuis que celui-ci était déjà en cours de développement pour le cinéaste. Pour autant, c’est avec les images de ce nouveau monde en tête que Lang, impressionné par l’architecture des grandes villes américaines, installa ici le pessimisme du Cabinet du Docteur Caligari (Robert Wiene, 1920) dans un autre cauchemar, celui de la vie moderne, de l’espace architectural et de l’ordre social.

Disposant d’un énorme budget (presque la totalité des moyens du studio UFA), de centaines de techniciens et de plusieurs dizaines de milliers de figurants, Fritz Lang crée, par sa magistrale habileté et son sens des foules, un monde terrifiant, inspiré de la littérature de science-fiction. Par son gigantisme (plus de trois cents jours de tournage), ses décors pharaoniques et ultramodernes, Metropolis, un des films les plus chers de l’histoire, manque de provoquer la faillite de l’UFA.

En 1928, Fritz Lang écrivait : «Ce que je veux : créer un art, peut-être un nouvel art, à l’aide de l’image animée, à l’aide de ses potentialités techniques pratiquement illimitées, découvrir de nouvelles possibilités artistiques et d’une façon générale, représenter artistiquement dans mes films les grands problèmes de l’humanité» (Filmkünster. Wir über uns Selbst, sous la dir. d’Hermann Treuner, Sibyllen-Verlag). Metropolis est ainsi un puissant drame social sur l’avenir du monde, l’injustice et la manipulation des élites, une œuvre à la violence sous-jacente. On retrouve, dans ce film qui en annonce la fin, tous les thèmes de l’expressionnisme allemand : omniprésence de la mort, absence de la nature, thème du double, de la folie, de la fascination mutuelle.

À sa sortie, Metropolis fut mal reçu par le public et la critique. Il fut rapidement décidé d’amputer le film, mais la version courte ne trouva toujours pas son public. De nombreuses versions ont circulé pendant des décennies, au point de faire penser la version originelle à jamais perdue. Mais, miracle, c’est en Argentine, en 2008, qu’un exemplaire unique d’une copie de secours de la version longue fut enfin découvert. Grâce au travail de restauration mené par la Fondation Friedrich-Wilhelm-Murnau et plusieurs institutions partenaires, Metropolis reprend sa forme quasi-initiale.

2026. La ville imaginée par Fritz Lang et Thea von Harbou est désormais notre contemporaine. Pour célébrer cet instant historique et le centenaire du film, l’Europäische FilmPhilharmonie a invité le compositeur Don Davis, auteur de la musique de la trilogie Matrix de Lana et Lilly Wachowski, à écrire une nouvelle partition pour Metropolis. Une rencontre inédite entre deux monuments de la science-fiction.

Texte : Institut Lumière

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